L’éveil de Dipa Ma

 

Dipa Ma commença sa deuxième retraite dans un état d’esprit très différent: moins pressant et moins impulsif, plus planifié et plus réfléchi. Bien qu’elle soit insomniaque depuis la mort de Rajani, elle constata qu’elle ne pouvait pas rester éveillée. Le troisième jour, cependant, elle parvint à atteindre un état de concentration profonde et le besoin de sommeil disparut, ainsi que le désir de manger. (…)

Après le Dharma Talk de Mahasi Sayadaw, Dipa Ma s’aperçut qu’elle ne pouvait pas se lever. Elle se sentait bloquée dans sa posture assise, son corps raide, immobilisé par la profondeur de sa concentration.
Au cours des jours suivants, la pratique de Dipa Ma s’approfondit de façon drastique alors qu’elle abordait rapidement les étapes classiques d’expériences qui sont considérées comme précédant l’illumination, selon les enseignements de la tradition bouddhiste Theravada (sud-asiatique).

Elle fit l’expérience d’une lumière brillante, suivie par la sensation que tout autour d’elle était en train de se dissoudre. Son corps, le sol, tout était en morceaux, brisé et vide. Cela fitplace à une douleur mentale et physique intense, avec une sensation très douloureuse de brûlure  et une constriction dans son corps. Elle sentait comme si elle allait éclater sous la pression.

 

Puis quelque chose d’extraordinaire arriva. Un simple moment – il faisait jour, elle était assise sur le sol, pratiquant parmi un groupe de méditants – une transition instantanée se produisit, si silencieuse et délicate, qu’il semblait que rien ne s’était passé. De cet instant lumineux, Dipa Ma devait plus tard dire simplement: «Je ne savais pas» et pourtant, sa vie en avait été profondément et irréversiblement transformée.

Après plus de trois décennies de recherche de la liberté, à l’âge de cinquante-trois ans, après six jours de pratique, Dipa Ma atteignit le premier stade de l’illumination. (La tradition Theravada reconnaît quatre phases d’illumination, chacune produisant des changements dans l’esprit distincts et reconnaissables.) Presque immédiatement, sa tension artérielle revient à la normale et ses palpitations cardiaques diminuèrent. Auparavant incapable de monter les escaliers du centre de méditation, cette montée était désormais facile et elle pouvait marcher à n’importe quel rythme. Comme le Bouddha l’avait prédit dans son rêve, le chagrin qu’elle avait porté jour et nuit avait disparu. Sa peur constante avait disparu, lui laissant une sérénité sans précédent et une compréhension claire qu’elle pouvait tout gérer.

Source Dipa Ma, Presence et rayonnement d’une femme bouddhiste